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NATHAN LE SAGE (13) de Lessing, mise en scène Bernard Bloch, Comédie de l’Est de Colmar, 26 janvier janvier 28 2012

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Depuis une dizaine d’années, Bernard Bloch né en Alsace, metteur en scène, comédien, traducteur, questionne les incompréhensibles massacres du XXe siècle . Après deux spectacles impressionnants, Lehaïm à la vie tiré du beau livre d’Herlinde Koelbel et Le chercheur de traces d’Imre Kertész (voir Cassandre 87), il s’est attaqué à cette longue pièce emblématique du siècle des lumières écrite par Lessing en 1776. En exergue, il cite une phrase de Kertész “Ce qui est le plus incompréhensible, le moins naturel, ce n’est pas le mal, c’est le bien. Et l’action bonne, le bon geste, sont si rares, si inouïs qu’ils sont plus forts que tous les totalitarismes”.
Nathan le Sage avait été créé en France par Bernard Sobel en 1987 au Théâtre de Gennevilliers, le président François Mitterand y avait assisté le même soir que nombre d’entre nous ! L’un des drames de notre société en déroute, c’est que hormis Jack Ralite, plus aucun homme politique ne fréquente le théâtre public ! Dominique Lurcel l’avait aussi mis en scène au Théâtre Jean Arp de Clamart en 2004 devant une salle pleine de jeunes enthousiastes, il l’avait repris en incarnant Nathan au Théâtre Montfort en 2005, très beau souvenir.
On est en 1187 à Jerusalem, Nathan le Sage, riche marchand juif, revient de Damas et de Babylone, ses chameaux chargés des fruits de son négoce. Il apprend que sa fille chérie Recha, a été sauvée des flammes par un jeune templier. Il veut le remercier, mais le jeune homme se dérobe, ne souhaitant pas se compromettre avec des juifs, lui qui combat pour sa foi chrétienne. Le sultan Saladin qui règne sur la ville, est frappé par la ressemblance étrange entre le templier et son défunt frère. Le templier finit par rencontrer Recha, il s’en éprend soudainement, son amour est partagé, mais il fuit la jeune fille, la croyant juive. Ayant appris par sa gouvernante que Recha n’est pas la vraie fille de Nathan, c’est une chrétienne recueillie dans ses langes après l’anéantissement de la femme et de ses sept fils du marchand dans les guerres de religion, le templier va consulter le Patriarche chrétien, pour lui poser la question de la foi, sans lui révéler l’identité des protagonistes. Le Patriarche menace du feu un juif qui aurait élevé une chrétienne, sans lui révéler la vraie foi !
Ce premier acte d’exposition long et compliqué, finit par s’imposer dans un espace nu cerné de chaises autour d’un espace circulaire où les personnages viennent s’affronter. Le plateau est cerné par de grands vélums verts qui s’abattent au début du deuxième acte.
Il y a maintenant au centre du plateau un amas de draperies et de gros sacs de trésors amoncelés. Le sultan à court d’argent pour mener la guerre doit emprunter à Nathan qui accepte bien volontiers. Recha retrouve son templier qui retrouvera sa véritable identité, lui non plus n’est pas chrétien, il est le fils du défunt frère du sultan. Au moment où les deux amants croient pouvoir se retrouver, ultime coup de théâtre dans le goût de l’époque, Nathan va leur révéler que le templier n’est autre que le frère de Recha !
Servi par une distribution de neuf acteurs solides, Philippe Dormoy Nathan, Miloud Khetib sultan, Philippe Mercier derviche et Patriarche, Nils Ohlund le templier en particulier, ce beau capharnaüm d’identités, malgré les longueurs de la première partie d’une oeuvre écrite dans un siècle où le temps n’était pas encore de l’argent, a enthousiasmé une salle pleine de spectateurs très jeunes pour la plupart.
Comédie de l’Est, jusqu’au 11 février, puis en tournée, www.comedie-est.com

IL EST TROP TÔT POUR PRENDRE DES DÉCISIONS DÉFINITIVES (12) Cie du Théâtre déplié, Atelier du Plateau, 25 janvier janvier 26 2012

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Une création de Adrien Béal, Fanny Descazeaux, Arthur Igual et Anne Muller
L’Atelier du Plateau, lieu chaleureux et minuscule niché au flanc des Buttes Chaumont, avait été créé voilà 12 ans par Gilles Zaeppfel et Paule Kingleur, sa compagne du Théâtre Écarlate. Ensemble il avait créé une douzaine de spectacles étonnants qui avaient rayonné dans le monde entier. Après la décès de Gilles en 2005, c’est Mathieu Malgrange, l’un des derniers auteurs monté par Zaeppfel qui a repris la direction de ce lieu vivant qui programme des spectacles singuliers et pertinents, axés essentiellement autour de la musique.
Étrangement, ce spectacle signé par quatre artistes, est un solo ! Arthur Igual entre en scène son téléphone portable rivé à l’oreille, il cherche à joindre quelqu’un pour mettre fin à sa ligne. Bien entendu, on doit lui passer quelqu’un d’autre, on le met en attente sur la musique de La symphonie héroïque. Furieux, il parvient tout de même à joindre une Mona, qu’il invite à le rejoindre par avion jusqu’à chez lui pour déchirer le contrat de sa ligne… Il divague sur la mythologie, la punition des fils à cause des fautes de leurs pères . De quoi héritons-nous, c’est la question que nous devons nous poser.
Jusqu’au 28 janvier, du jeudi au samedi, Tél. O1 42 41 23 22
www.atelierduplateau.org

UN MIRACLE ORDINAIRE (11) d’Evgueni Schwartz, Théâtre Jean Arp de Clamart, 24 janvier janvier 25 2012

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Traduction et adaptation de Ioulia Zimina, mise en scène et scénographie de Laure Favret, musique originale de Valeri Sher et Jean-Yves Bernhard, Compagnie Dardart
C’est une vraie troupe qui s’est emparée de ce conte de Schwartz écrit en 1952, qui décoiffe les parents autant que les petits enfants, nombreux à Clamart ce soir-là. Un magicien démiurge, toujours amoureux de sa femme depuis une quinzaine d’années, a transformé un jeune ours en charmant jeune homme cultivé. Mais celui-ci est menacé de retrouver sa condition d’ours s’il est embrassé par une princesse. Et justement, un roi cruel débarque avec sa cour chez le magicien, il menace sans cesse d’exécuter sa suite si sa fille, son seul trésor ne retrouve pas la joie. Et l’amour saisit la princesse à la vue du jeune homme qui est lui aussi fasciné, mais terrifié par un amour impossible. La princesse désespérée s’enfuit dans la montagne, se réfugie dans une auberge par une tempête de neige, où la cour le retrouve. Après bien des péripéties, l’amour triomphera, le roi renoncera à son pouvoir despotique, le magicien renoncera à sa malédiction, tout est bien qui finit bien.
Interprété par huit comédiens de bonne trempe, accompagnés par une musique ironique et inventive, dans un décor de panneaux mobiles et de projections, ce Miracle ordinaire devrait trouver d’autres lieux d’accueil pour réjouir un public très large.
Théâtre Jean Arp de Clamart jusqu’au 28 janvier Tél 01 41 90 17 02
www.dardart.org

PROJET FLOQUET (10) Compagnie Arsène, l’Échangeur de Bagnolet, 23 janvier janvier 25 2012

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PROJET FLOQUET (10) Compagnie Arsène, l’Échangeur de Bagnolet 23 janvier
Réalisation Odile Darbelley, Michel Jacquelin, musique de Cyril Hernandez et Hugues Reinert, avec Odile Darbelley, Michel Jacquelin, Hugues Reinert et Guy Vouillot

C’est encore une singulière entreprise que ce nouveau spectacle de la compagnie Arsène autour de Gaston Floquet né en 1917, comédien avec Debauche et Vitez, correcteur dans une imprimerie, plasticien et traducteur de l’allemand. De 1972 à 2001, date de sa mort, il s’installe dans la Sarthe à Saint Rigomer les bois, où il laisse des écrits très divers et plusieurs milliers de dessins, sculptures et collages.
Nous sommes assis en carré autour de tables de banquet devant des assiettes d’huîtres et de foie gras, ce sont des assiettes pièges gélifiées, on nous sert du vin et quatre compères, Odile Darbelley, Michel Jacquelin assistés de deux croquemorts se livrent avec le plus grand sérieux à une débauche hilarante de citations de Gaston Floquet, d’Erich-Maria Remarque, de Pierre Dac, Alfred Jarry, Lewis Caroll, Fénéon et Cavanna émaillées de plaisanteries fines autour de la banalyse. Ces champions cultivés, inventeurs de “l’art tangent”, adeptes du vraiment faux, nous régalent depuis des années avec leurs très sérieuses plaisanteries. On se souvient de leurs spectacles hilarants, La chambre du professeur Swedenborg, Les Asa en Avignon et de Tout le bonheur est à l’intérieur que Nicole Gautier avait été la première à accueillir au Théâtre de la Cité internationale.
l’Échangeur de Bagnolet, du lundi au samedi à 20 h 30, dimanche à 17 h, relâche mercredi, jusqu’au 31 janvier, Tél. 01 43 62 71 20

LE VA DE JANET (9) Festival transfrontalier de chanson jeune public, Maison pour tous de Beaucourt (25) 22 janvier janvier 24 2012

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De Marie Tout Court et Jacques Bouduban
C’est l’ouverture de la dixième édition de Fest’hiver, organisée pour la troisième fois par la Maison pour tous de Beaucourt et l’association interjurassienne des centres culturels. Huit spectacles de chansons vont rayonner de la France à la Suisse, Belfort, Delle et Beaucourt en France, Porrentruy, Délémont, Saignelégier, Saint Imier, Tavannes en Suisse.
Le Va-Va de Janet a bénéficié d’une résidence d’artistes et de création. Quatre solides musiciens en shorts, entourent la frêle Marie Tout Court étincelante de paillettes. Ils sont réunis pour déplorer la tristesse d’une tourterelle qui a perdu son amoureux Jean-Luc, voilà un an. Ils lui chantent tout un répertoire populaire comtois et jurassien, un jeu s’établit entre Marie et ses “quatre fils” musiciens, fiction improbable et plutôt risible. Rien n’y fait, Janet ne se remet pas de son Va-Va, elle dépérit et finit par tomber de son perchoir. Mais un oeuf a survécu et le petit oiseau surgi de sa coquille ramènera la joie. Mutine et aguichante, Marie Tout Court accompagnée par de bons musiciens, offre un spectacle réjouissant pour petits et grands, majoritaires en cette après-midi de lancement du festival.
29 et 30 janvier à Délémont, 1e et 2 février à Tavannes, 3 et 4 février à Saignelégier (Suisse)
www.relaisspectaclesfrancesuisse.eu

LO SPEZIALE(8) dramma giacoso per musica de Goldoni, Théâtre Artistic Athévains, 20 janvier janvier 21 2012

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Un opéra-bouffe de Franz-Joseph Haydn (1768), adapttion musicale de Claude-Andrée Brayer, mise en scène Anne-Marie Lazarini, avec les musiciens de l’opéra-studio de Cergy-Pontoise.
Lo speziale, c’est L’Apothicaire, le troisième des vingt opéras de Haydn, c’est également la troisième collaboration entre Claude-Andrée Brayer, énergique directrice du conservatoire de Cergy-Pontoise et Anne-Marie Lazarini, sur des ouvrages lyriques. En 2005, elles avaient monté La Traviata de Verdi, puis Le mariage secret de Cimarosa en 2007.
L’apothicaire, épicier, herboriste s’occupait des médicaments, il vendait dans sa spezeria des herbes, des épices, des plantes médicinales, des parfums, des couleurs, de la cire, des chandelles…Sempronio l’apothicaire, tuteur de la belle Grilletta, convoitée par tous les hommes de son quartier, veut l’épouser, mais elle s’est engagée avec Mengone, l’un de ses employés. Volpino, riche et arrogant, la convoite aussi, Grilletta se livre à un marivaudage qui désespère son amoureux. Au moment suprême où Sempronio veut engager Grilletta dans un contrat de mariage établi par deux notaires qui ne sont autres que ses prétendants qui font croire à Sempronio qu’il est engagé pour livrer ses marchandises en Turquie. Son sang ne fait qu’un tour, il abandonne l’amour pour les profits qu’il va réaliser là-bas. Quand les faux turcs qui ne sont autres que ses deux rivaux déguisés se dévoilent, il réalise qu’il a perdu l’amour en même temps que l’argent.
Dans un joli décor de François Cabanat et des costumes de Dominique Bourde, complices de toujours d’Anne-Marie Lazarini, cet opéra-bouffe proprement chanté offre une agréable soirée, dont on peut profiter encore longtemps. Attention aux horaires qui varient.
Jusqu’au 27 mars 2012 Théâtre Artistic Athévains,, Tél 01 43 56 38 32, puis au Théâtre du Passage de de Neuchâtel et au Théâtre de Vevey (Suisse)

À MON ÂGE, JE ME CACHE ENCORE POUR FUMER (7) Théâtre 13 Seine, 18 janvier janvier 21 2012

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Comédie tragique de Rayhana, mise en scène Fabien Chappuis
Neuf femmes se retrouvent dans un Hammam de la banlieue d’Alger géré par l’énergique Fatima qui vient de cacher l’une d’entre elles sur le point d’accoucher, dans le local de nettoyage. Elles se détendent, papotent sur la répression dont elles sont victimes, se disputent parfois violemment, font preuve à la fin d’une belle complicité. À la porte du hammam , le frère de la future mère se déchaîne en menaces violentes, au risque de fracturer la porte. Mais Fatima veille, elle ne cèdera pas et rassemble les baigneuses qui se disent prêtes à adopter le nouveau né. Dans un espace immaculé autour d’un long praticable, avec quelques cuvettes métalliques, un peu d’eau et des gants de toilette, les comédiennes font vivre la résistance rusée d’un sexe opprimé. Elles sont piquantes et drôles, prêtes à tout, jamais désespérées. Marie Augereau, la masseuse mène la danse à un train d’enfer. Un seul regret, le rôle de Samia, l’aide masseuse à la recherche d’un mari pour quitter sa famille, est un peu lourd et trop répétitif. Comme souvent, il faudrait couper vingt minutes, c’est presque un détail. Mais ce spectacle créé en 2009 à la Maison des Métallos, enchante le public. Rayhana avait été victime d’une agression heureusement peu grave, au début de cette première série. L’accueil dans ce nouveau Théâtre 13 Seine se fait dans une agréable cafétéria, malgré un espace un peu froid.
Jusqu’au 19 février, Théâtre 13 Seine, 01 45 88 62 22

CE MATIN, LA NEIGE (6) de Françoise du Chaxel, les Gémeaux de Sceaux, 17 janvier janvier 21 2012

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Avec Isabelle Gardien et Stéphane Delbassé, scénographie, images, lumière de Nicolas Simonin.
Anna, belle adolescente rousse venue d’Alsace avec ses parents au déclenchement de la deuxième guerre mondiale, est réfugiée dans une famille d’agriculteurs du Périgord. Elle partage la vie de la famille dont le fils Thomas qui fréquente avec elle le lycée est secrètement amoureux d’elle. Leurs monologues se croisent, les saisons passent, les échos de la guerre parviennent de plus en plus fort avec l’occupation de la France entière. La résistance s’organise, Thomas s’engage dans le maquis tout proche, Anna va bien souvent passer des messages avec son vélo, elle s’éprend de Pedro un résistant espagnol, qui sera abattu. L’enfant dont elle accouche naîtra un jour de neige, c’est Thomas qui deviendra son père. Les deux acteurs monologuent devant de splendides photos de paysages qui font défiler les saisons, on goûte l’intensité de ces moments périlleux où les vies étaient suspendues à un fil. Au déclenchement de la guerre Strasbourg et une bonne partie de l’Alsace, avaient été vidées de leurs habitants dont beaucoup s’étaient réfugiés dans le Périgord ! Françoise du Chaxel, native de cette région, née elle aussi un jour de neige a enquêté auprès des habitants. Sylvie Olivier qui avait déjà trouvé une belle complicité avec Françoise du Chaxel pour la mise en scène de Des traces d’absence sur le chemin, a trouvé le ton juste pour mettre en scène ces deux excellents comédiens.
Du 11 au 14 avril à la Comédie de l’Est de Colmar, du 10 au 13 mai au TAPS de Strasbourg, les 15 et 16 mai à Jouy le Moutier et en février 2013 aux Gémeaux de Sceaux

LA GRANDE ET FABULEUSE HISTOIRE DU COMMERCE (5) texte et mise en scène de Joël Pommerat, Théâtre Granit de Belfort 13 janvier janvier 14 2012

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Compagnie Louis Brouillard
Avec Patrick Bebi, Hervé Blanc, Éric Forterre, Ludovic Molière, Jean-Claude Perrin.
On se souvient avec une belle émotion des Marchands, superbe spectacle sans parole présenté à l’opéra d’Avignon en 2006, seule une voix off commentait le calvaire d’une ouvrière privée de son travail, qui avait précipité son fils par la fenêtre pour attirer l’attention de la presse…Le petit chaperon rouge présenté au TEP mettait en scène une petite fille et sa mère face aux peurs contemporaines. Joël Pommerat a un vrai talent pour aborder les impasses des petites gens luttant pour leur survie.
Cette fabuleuse histoire du commerce met en scène cinq vendeurs au porte à porte dans des cités ouvrières de petites villes, l’un d’eux est en formation, ils se retrouvent chaque soir dans leur chambre d’hôtel pour faire le point sur les ventes. Le jeune Franck ne vend rien pendant une semaine, il a emprunté de l’argent pour s’installer avec sa compagne, ses camarades lui expliquent qu’il doit faire rêver les clients en réussissant à pénétrer dans l’appartement et lier la conversation sur tout autre chose que la vente. Ils se retrouvent chaque soir, Franck n’a rien vendu, ses collègues rompus à la technique de vente, ont su arracher à de pauvres gens des contrats pour acheter à crédit leur “bon produit”, un pistolet d’alarme ! Puis la situation s’inverse, c’est Franck qui triomphe avec deux, trois, quatre, cinq contrats, les autres reviennent bredouilles. Il est promu chef dans la deuxième partie, c’est lui qui est chargé de former de nouveaux collègues, il les encourage puis les sermonne quand ils reviennent les mains vides, il part rejoindre sa femme. Et à son tour, il va s’écrouler lorsque sa femme le plaque. Il ne peut plus faire rêver des prolétaires au chômage en leur vantant les mérites du guide pour leurs droits sociaux. Interprété par cinq acteurs massifs qui ont la tête de leur emploi, dans une chambre d’hôtel sinistre, ce spectacle décapant a bizarrement quelque chose de revigorant.
Du 18 au 21 janvier Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, 27 et 28 janvier au Rayon Vert de Saint Valéry en Caux, 1, 2 et 3 février Théâtre de l’Union à Limoges

L’ÉVEIL DU PRINTEMPS (4) de Franck Wedekind, misen scène et adaptation d’Omar Porras, Théâtre 71 de Malakoff, 11 janvier 2012 janvier 13 2012

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Production Teatro Malandro de Genève
De beaux souvenirs remontent des premiers spectacles d’Omar Porras : La visite de la vieille dame de Durenmatt vue au Centre d’Art et de Plaisanterie de Montbéliard, Noces de sang de Lorca et Maître Puntila et son valet Matti à Villejuif, Ay Quixote au Théâtre de la Ville m’avait un peu déçue. Mais L’éveil du printemps est un beau choc théâtral. Dix comédiens, une vraie troupe brossent cette épopée du désespoir d’une jeunesse du début du XXe siècle écrasée par les interdits pédagogiques, religieux, par l’hypocrisie morale transmise par leurs parents incapables de guider leurs enfants dans la vie. Moritz et Melchior, camarades de classe, découvrent leurs premiers émois amoureux, ils tentent de se maintenir dans leurs études. Moritz,issu d’une famille pauvre, échoue, sa rencontre amoureuse avec Melkior ne le sauvera pas du désespoir, il sombrera dans le suicide. Melkior, plus dur, finira par s’intégrer dans la société après avoir engrossé la jeune Wendla qui mourra dans l’avortement organisé par sa mère pour la sauver du déshonneur. Les comédiens jouant les jeunes personnages pataugent d’abord d’abord pieds nus dans une terre brune au pied d’une façade en ruine où ils se réfugient pour se faire leurs confidences. Ils sont chaussés quand ils endossent les rôles des adultes qui abandonnent leurs enfants au désespoir, dans leur monde de conventions figées. Le spectacle est rythmé par des musiques splendides d’Alessandro Ratoci. Un petit regret sur les perruques, (marque de fabrique du metteur en scène), détail insignifiant. Un spectacle important à ne pas manquer.
Théâtre 71 de Malakoff jusqu’au 28 janvier, mercredis et jeudis à 19 h 30, mardis, vendredis samedis à 20 h 30, dimanche à 16 h, Tél 01 55 48 91 00


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