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INCENDIES (78) Théâtre des Quartiers d’Ivry, 15 mai mai 16 2012

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De Wajdi Mouawad, mise en scène Stanislas Nordey
“Pourquoi as-tu quitté le pays (…) mes parents ne racontent rien”… Sur le grand plateau nu et blanc du Théâtre Antoine Vitez, on présente les neuf personnages qui s’avancent silencieux. Il y a trois Nawal, l’héroïne de cette douloureuse tragédie, l’une à 14 et 19 ans (Charline Grand) qui vit une belle histoire d’amour dans son village d’où elle devra s’enfuir après qu’on lui ait retiré son enfant. Une autre de 40 ans (Claire-Ingrid Cottenceau) qui le cherche toujours , mais qui se fait violer par son tortionnaire dont elle accouchera de deux jumeaux. Une troisième de de 60 ans ( émouvante Véronique Nordey) qui meurt en laissant un testament énigmatique, que ses enfants ne doivent pas ouvrir avant d’avoir retrouvé leur père et leur frère aîné. La pièce commence dans le bureau du notaire, l’exécuteur testamentaire de Nawal, qui exhorte Simon, le jumeau de Jeanne, à ne pas se laisser aller à une révolte injurieuse pour la mémoire de leur mère demeurée obstinément silencieuse depuis leur adolescence. Une longue quête guidée par le notaire, commence à travers le Liban déchiré dont on ne finit pas de décrire les atrocités. Au bout du chemin la découverte d’une insoutenable vérité que les frères et soeurs réunis auront bien du mal à supporter. Comme dans les romans policiers, on ne vous révélera pas la clef de l’énigme. Malgré la longueur de la représentation (3 H 30 avec entracte) interprétée par une très belle équipe d’acteurs fidèles à Nordey, on est saisi par la beauté de ce spectacle qui n’est jamais désespérant. Décidément, tout comme Littoral vu d’abord en Avignon monté par son auteur et vu ensuite à Choisy le Roi dans une mise en scène bien plus percutante de Magali Leiris, Incendies monté par Nordey est plus étonnant que celui monté par Mouawad au Théâtre 71 de Malakoff, pourtant bien décoiffant.
Théâtre des Qartiers d’Ivry jusqu’au 27 mai, relâche lundi Tél 01 43 90 11 11

KISS RICHARD (77) Pôle Culturel d’Alfortville, 14 mai mai 15 2012

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De Marc Citti d’après Shakespeare, mise en scène Magali Leiris
Nous avions pu découvrir Marc Citti, au Théâtre Paul Éluard de Choisy le Roi, dans le beau Littoral de Wajdi Mouawad, qu’elle avait monté, dans une mise plus tonique que celle de son auteur au Festival d’Avignon. Marc Citti a une très longue carrière derrière lui dans plusieurs spectacles de Patrice Chéreau entre autres. Il avait notamment interprété Richard III dans une mise en scène de Didier Long en 2004. Dans Littoral il interprétait entre autres un burlesque et magnifique chevalier de Guiromelan.
Kiss Richard est un solo joué sur le très grand plateau noir et de cet immense théâtre municipal. Un grand rectangle blanc est tracé sur la scène, pour tout décor et accessoires, une chaise d’école, une paire d’escarpins rouges et un tissu blanc. Marc Citti joue tous les rôles de Richard III, le duc de Gloucester et sa monstruosité, le roi, ses enfants qu’il envoie se faire exécuter à la tour de Londres, et même Lady Ann qu’il séduit devant le cadavre de son époux. Il joue aussi ses rapports avec sa metteur en scène, ses crises de nerfs pendant les répétitions. C’est un numéro étincelant, encore fragile dans cette avant première, car le filage qu’il a fait l’après midi a un peu éteint sa voix et l’acoustique de cette grande salle n’est pas des meilleures. Les éclairages très réussis offrent néanmoins de belles perspectives. On retrouve les merveilleux souvenirs du Caubère dans La danse du diable de ses lointains débuts et ceux bien plus anciens du Richard III de Roger Planchon au Festival d’Avignon 1967, place du Palais des Papes.

LES FUYANTES (76) Compagnie Les Choses de Rien, Théâtre Paul Éluard de Choisy le Roi, 12 mai mai 13 2012

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Mise en scène Camille Boitel, conception scénographique de Boris Gibé, avec Florent Blondeau, Anna Cassina Forellad, Boris Gibé, Xavier Kim, Éric Lecomte
Depuis 2004, Camille Boitel et Boris Gibé , artistes circassiens promènent dans le monde leur étrange univers muet, bricolé, burlesque et instable. Nous gardons un souvenir étonné de la découverte de cette compagnie dans L’immédiat au Théâtre de la Cité Internationale, invité par Nicole Gautier, grande découvreuse qui leur avait attribué le prix de Jeunes talents cirque. Boris Gibé déploie une grande boîte élastique de toile grise où les acteurs font de la danse verticale, disparaissent dans des puits qui se creusent par magie à leurs pieds, rebondissent, marchent au plafond. Leurs combinaisons blanches noircissent, ils sautent, s’enjambent sans jamais s’agresser. Il y a de l’humour, de la tendresse et une certaine détresse dans ce spectacle sans parole d’où l’on aimerait que le verbe puisse jaillir. Pour évoquer de notre monde déshumanisé, les images vidéo ne parviennent pas à tenir lieu de langage. Au sein du public, on n’entend que des rires discrets des petits enfants.
www.leschosesderien.com

À L’ABORDAGE (75) Création pluridisciplinaire in situ du Collectif la Blanchisserie, Festival de l’Oh, Ivry, 12 mai mai 13 2012

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Le collectif la Blanchisserie s’est constitué en 2012 à Ivry dans le sillage des Mêmes qui avait mené pendant une quinzaine d’années un travail exemplaire à l’Hôpital Charles Foix d’Ivry. Las, en dépit d’un travail acharné mené par des plasticiens, des musiciens, des troupes de théâtre qui organisaient des fêtes dans le parc de ce bel hôpital, allaient faire des visites dans les chambres de retraités pour la plupart pauvres et isolés avec le soutien de la DRAC et des collectivités territoriales, ordre de déguerpir de l’ancienne Blanchisserie qu’il occupaient leur avait été donné, voilà 5 ans par la nouvelle directrice nommée et heureusement partie depuis. Ils ont dû déménager après un dernier acte poétique dans l’hôpital voila un mois, A la trace (voir ce blog du 15 mars) pour constituer le Collectif la Blanchisserie dans des locaux plus restreints et provisoires pour 2 ans à quelques encablures, sur le territoire d’Ivry.

Pour le Festival de l’Oh organisé par le Conseil général du Val de Marne depuis une dizaine d’années Dorsaf Ben Nasser, Caribou (Caroline Brion), Tangible (Edwine Fournier) et KP5 (Cat Loray) aidés par l’ensemble du collectif, ont conçu À l’abordage, installation spectacle manifeste sur la rive de la Seine entre Ivry et Vitry. Au fil de la rive on découvre des installations plastiques argentées, de grands mats hérissés de boules oranges, autant de signes des arrêts temporaires, des haillons, des bâches plastiques, des tags, une capote qui flotte, des acteurs étrangement costumés qui déambulent sur la berge pendant qu’un acteur au micro énumère ce qu’il voit. Les spectateurs se promènent avec les enfants qui jouent, pour découvrir une grande arche de béton taggée, les acteurs se plongent dans l’eau, ils déploient des linges blancs, se ceignent de chemises, on entend des bruits d’eau, un caquetage, on drape les filles dans de grandes vestes militaires, les cinq acteurs dansent un étrange ballet. Une poésie bizarre surgit de ce spectacle insolite né d’un véritable engagement d’un collectif solidaire aux antipodes d’un carriérisme solitaire.
www.collectiflablanchisserie.org

UNE MOUETTE (74) Les Merveilleuses, Théâtre Paris Villette, 11 mai mai 12 2012

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UNE MOUETTE (74) Les Merveilleuses, Théâtre Paris Villette, 11 mai
D’après La Mouette d’Anton Tchekhov, mise en scène Isabelle Lafon, avec Johanna Khotals Altes, Nora Krief, Isabelle Lafon, Gilberte de Poncheville et Judith Perillat
“La pièce est amaigrie comme Nina à la fin de l’acte quatre, mais ses yeux sont plus grands.
Tu vas te perdre un peu dans les noms et les personnages….
Ça parle d’amour beaucoup, de théâtre beaucoup, et si l’on ne se perd pas dans l’amour et le théâtre, où veux-tu que l’on se perde ? La musique s’approchera de toi. L’histoire s’approchera de toi dans cet abri théâtre ou dans le théâtre comme dernier abri. Tu fais partie de la pièce.” déclare Isabelle Lafon.
Cinq femmes sur le plateau nu du théâtre sans aucun costume ni accessoire de théâtre, elles plantent “la vie telle qu’elle apparaît dans les rêves” et déclinent le texte de la Mouette en incarnant les personnages tour à tour sans jamais s’identifier, puisqu’elles jouent tour à tour Trepleev, Trogorine, Arkadina, Macha et son instituteur de mari Medjevenko, ou les serviteurs. “Que l’on écrive sans jamais penser à aucune forme” déclarait Tchekov, je suis faux jusqu’à la moelle des os”… Aucun mouvement théâtral, elles se rapprochent simplement du public entre les séquences. Norah Krief en Nina arrachent une belle émotion en récitant le texte de Trepleev dans le petit théâtre sur le lac, comme Isabelle Lafon en Arkhadina qui affirme “j’ai une règle, ne jamais regarder dans l’avenir…”.. Ce spectacle émouvant mérite d’être joué chez tous les amoureux de Tchekhov ! Le Paris Villette menacé actuellement doit continuer à vivre, signez sa pétition !
Théâtre Paris Villette, lun,, mer, sam à 19 h 30, jeu, vent à 21 h, durée 1 h, Tél 01 40 03 72 23, jusqu’au 26 mai.

POLLOCK (73) de Fabrice Melquiot, mise en scène Paul Desvaux, Théâtre 71 de Malakoff, 9 mai mai 11 2012

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Compagnie l’Héliotrope (Haute Normandie, avec Serge Blavan et Claude Perron
Ce combat amoureux entre deux grands artistes contemporains des années 50, Jackson Pollock et sa femme Lee Krasner, se déroule dans une débauche troublante de couleurs et d’alcools. Lee renonce à sa famille juive et dans les premiers temps à sa propre carrière pour assister Pollock qui devient célèbre avec ses drippings et se vante d’être le plus grand artiste américain du XXe siècle. Il sombre peu à peu dans une débauche perpétuelle avant de mourir à 44 ans. Les deux acteurs incarnent bien ces deux grands fauves, Claude Perron surtout fait preuve d’une grande maîtrise et d’un bel humour pour incarner celle qui sut guider Pollock dans ses recherches et faire vivre sa mémoire, tout en menant sa propre carrière après la disparition de son mari. On peut savoir gré à Pierre-François Roussillon, le nouveau directeur du Théâtre 71, d’avoir repris ce spectacle de Paul Desvaux, qu’il avait accueilli en résidence à la MC de Bourges.

DANS LA JUNGLE DES VILLES (72) de Brecht, mise en scène Roger Vontobel, Théâtre de la Colline, 8 mai mai 9 2012

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Roger Vontobel, jeune metteur en scène suisse associé au Schauspielhaus de Bochum, prix Faust du meilleur metteur en scène pour son Don Carlos de Schiller en 2010, a empoigné avec vigueur cette pièce énigmatique du jeune Brecht qui fit scandale lors de sa création en Allemagne en 1922.
Son spectacle commence par un film où l’on voit le richissime Shlink entrer dans un magasin de DVD et proposer au jeune vendeur Garga de lui acheter son opinion, il met 1000 $, puis toute sa fortune sur la table, mais Garga refuse, il n’est pas à vendre. On retrouve les acteurs du film sur le plateau, Shlink flanqué de ses acolytes est à nouveau face à Garga dans un hôtel où Marie, la soeur de Garga est femme de chambre. Shlink fait don à Garga de sa fortune, il part avec Marie dans une pauvre chambre. Celle-ci est amoureuse de lui, mais il refuse de la toucher. Garga malgré sa fortune entame une fuite éperdue, rejette sa soeur qui finira dans un bordel. Les acolytes de Shlink mettent en musique cette pièce impossible à résumer. Dans la jungle des villes est “un combat sans autre plaisir que celui de se battre et sans autre but que de déterminer le meilleur homme (…) qui devrait permettre d’observer la lutte pour la lutte ! (…) même en tant qu’adversaires, les hommes ne parviennent pas à se toucher (…) l’affrontement de ces deux forces pures est un jeu sans issue. (…ou bien tu t’adaptes, ou bien tu meurs !”
Nous gardons des souvenirs vivaces d’une mise en scène de cette pièce de Brecht mise en scène par Jean-Pierre Vincent en 1972, au Cloître des Carmes d’Avignon, avec Maurice Bénichou dans le rôle de Shlink. La mise en scène percutante de Vontobel ne nous a pas plus éclairé sur le sens de cette pièce, pourquoi Shlink fait-il don de sa fortune construite sur un commerce de bois vendu deux fois, pourquoi Garga accepte-t-il avant de se laisser dépouiller, pourquoi Shlink retrouve-il sa fortune ? Qu’importe, on se laisse entraîner dans cette jungle des villes interprétée par une bonne équipe d’acteurs.
Théâtre de la Colline jusqu’au 7 juin, du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30
Tél 01 44 62 52 52

ESSAT (71) La Salamandre, Parking de la Rhodia, Besançon, 2 mai mai 7 2012

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Toujours pour leur 22e anniversaire, la Salamandre présente l’ébauche d’un nouveau spectacle de flammes et de voix en frontal cette fois. Nous sommes assis sur des gradins en contrebas de l’immense citadelle illuminée qui surplombe le site. Malgré leur virtuosité et les jeux vertigineux avec les feux qui viennent lécher les comédiens, les musiques et les poèmes ne sont pas encore bien trouvés, ils doivent encore consacrer du temps à l’élaboration du spectacle. La Salamandre tourne dans le monde entier, voir la liste impressionnante de leurs tournées dans le monde sur leur site. Ils sont soutenus par la Région et le Conseil Général, mais la ville de Besançon les ignore superbement en dehors des autorisations accordées du bout des lèvres.
www.lasalamandre.com

LES FRÈRES MERCODIER (70) Les Urbaindigènes, Parking de la Rhodia, Besançon, 2 mai mai 7 2012

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Modestie Franc-comtoise oblige, aucun nom n’est stipulé sur le site des Urbaindigènes, compagnie d’acrobates pleine d’humour invitée par la Salamandre dans le cadre leur 22e anniversaire. Une vieille voiture trainant une énorme remorque chargée d’une armoire, d’une vieille pendule, d’un lit pénètre en vrombissant, les frères Mercodier viennent d’être expulsés de la maison familiale qui a été détruite. Ils tentent tant bien que mal d’aménager un espace habitable en déchargeant à coup de sauts périlleux vertigineux. Kiki, Julot, Goudron , Bouli et Nono cassent du bois, prennent un repas, font la vaisselle en cassant les assiettes : “Quand tu as de la boue jusqu’aux genoux, souviens-toi que tu l’as dans les mains ! (…) Y nous foutent la paperasse pour nous foutre dehors “. Ils sautent sur le lit où toute la famille a été conçue, font des vols planés avec une étonnante virtuosité. Mais au bout du compte, ils finiront par réintégrer la maison dont ils ont été expulsés, ils regagneront joyeusement Monmarlon, où leur ancêtre a tout reconstruit.
les-urbaindigènes-a-besancon

PASSAGE (70) la Salamandre, Place Granvelle, Besançon, 4 mai mai 7 2012

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Fondée en 1990 par un collectif, cette compagnie de flammes et de voix fête son 22e anniversaire dans les rue de Besançon avec un somptueux spectacle déambulatoire. Ils sont une vingtaine sur la place Granvelle,nous sommes perchés sur l’Orphéon, un étrange chariot musical pénètre suivi de porteurs de flammes, un air d’opéra retentit et nous sommes invités à les suivre dans les belles rues de la ville, avec des stations au pied des maisons et des jeux acrobatiques inouïs avec les feux. Les hommes torse nus sont vêtus de longues robes comme les femmes, on frémit devant les risques pris dans ce spectacle sans paroles, accompagnés de musiques contemporaines. On se masse au pied d’une église à la haute flèche pour voir une belle acrobate blanche de Motus Module, hissée puis redescendue, danser une chorégraphie verticale à couper le souffle. Aucun nom n’est mis en avant, dans la troupe, on peut seulement recueillir quelques informations auprès de Jean-Michel Riant dont la longue chevelure blanche est léchée par les flammes.
www.lasalamandre.com



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