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JE NE SAIS PAS (24) de Nicolas Frize, Espace Lumière d’Épinay sur Seine 7 février 2011 ** février 10 2011

Infos : , rétrolien

Création musicale des Musiques de la Boulangère autour de la traduction pour ensemble instrumental, voix, chœur et bande, avec la participation de danseurs et plasticiens.

« Je ne sais pas ce que je pense, tant que je n’entends pas ce que je dis ! »
Nicolas Frize, petit elfe inventeur de défis insensés, généreux et toujours réussis dans les lieux les plus bizarres depuis plus de trente ans, du concert de jouets au concert de savants au concert de voitures et de locomotives, a mené à bien son doute. Ce concert sur la traduction en trois parties réunissait 127 personnes, des professionnels aguerris, 3 chefs, 4 chanteurs, 12 instrumentistes, un chorégraphe et un chœur de 96 choristes. Il avait été précédé par trois manifestations dans une école, un cinéma et au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis sur la danse, le dessin, la peinture et les langues étrangères
On arrive à l’Espace Louis Lumière, semi enterré aux abords d’un stade cerné par de grandes barres d’immeubles déprimants, pour pénétrer dans une salle immense dont les gradins sont revêtus de bandes de tissus colorés qui fractionnent les spectateurs. Face à nous, une installation fabuleuse à plusieurs étages, les trois chefs dirigent d’un immense praticable. On nous annonce que nous devrons changer de place à chaque entracte pour changer de point de vue. Des textes écrits par Nicolas Frize avec des citations de Merleau-Ponty, Alain, Balibar etc, défilent au-dessus des interprètes, un étrange délire poétique autour de la traduction avec des images surprenantes. « Nous sommes tous des passeurs dans une chaîne de traductions » c’est la montagne que Frize nous fait escalader avec des pics à franchir autour des langues dans le premier segment, autour de la danse avec le chorégraphe Jean Guizerix et trois enfants dans le deuxième, enfin la création plastique avec Joëlle Girard, Jean-Pascal Février et Stéphane Gaillard qui peignent avec leurs corps en se frottant contre de grandes pages blanches dans le troisième. Il y a un magnifique passage de percussions asiatiques et de splendides montées lyriques de chant choral avec de grands solistes dans la dernière partie. Impossible de rendre la magnificence et la générosité de cette entreprise rendue possible grâce à une véritable implantation de longue date en Seine Saint-Denis avec l’appui des collectivités territoriales et de l’État. Pour cette troisième représentation à Épinay, la majorité du public venait de Paris par les navettes venues du Châtelet.
www.nicolasfrize.com



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