LE CHERCHEUR DE TRACES (25) ***texte et mise en scène de Bernard Bloch, Théâtre du Parvis Saint Jean Dijon 8 février 2011 février 13 2011
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D’après la nouvelle éponyme d’Imre Kertèsz, dramaturgie d’Isabelle Rèbre, production le Réseau Théâtre et CAP, coproduction Théâtre de Dijon Bourgogne, TJP de Strasbourg, la Filature de Mulhouse.
Un envoyé venu avec sa femme enquête chez un homme qui l’a invité à déjeuner, sur les traces d’un événement survenu dans la région vingt ans auparavant. Il doit se rendre sur les lieux, prendre des trains et des cars, son hôte qui ne s’y est jamais rendu, lui propose de l’emmener en voiture. Ils partent tous les trois le lendemain, arrivé dans la ville voisine, l’homme part avec sa femme aux abords d’une lande sauvage où subsistent quelques ruines, il retrouve seulement un portail avec Jede das seine (À chacun son destin). Haletant, ravagé par des souvenirs douloureux, il s’enfuit dans la colline en laissant sa femme derrière lui, elle qui n’a pas partagé le destin auquel il a réussi à échapper.
Bernard Bloch a tiré un parti remarquable de cette nouvelle de Kertèsz, auteur hongrois déporté à l’âge de 14 ans à Auschwitz, prix Nobel de littérature 2002, qui fascine le lecteur par le détachement de son écriture dépourvue de tout pathos et de toute anecdote. Kertèsz dit sans dire, aucune accusation, aucun nom, aucune déploration, une simple exploration de ce qui a pu subsister dans la nature de l’horreur d’un massacre incompréhensible. Quatre acteurs interprètent les personnages de ce ciné-théâtre tourné au Strüthof, avec un détachement apparent et un engagement total, Xavier Béja le narrateur, Philippe Dormoy l’envoyé, Évelyne Pelletier l’épouse et autres figures et Jacques Pieller Hermann l’hôte inquiétant et autres figures. Dans une scénographie simple, un cadre de scène écarlate cernant un écran de cinéma, trois tabourets qui figurent le mobilier et les sièges de voiture comme dans un jeu d’enfants, les acteurs sortent du plateau pour se détacher dans la nature sur de splendides images cinématographiques. Les images de Dominique Aru, la musique de Philippe Hersant révèlent sans un mot la violence de la disparition de 22 000 personnes, l’envoyé fait partie des 53 000 qui y ont été détenues.
Jusqu’au 12 février Théâtre du Parvis Saint Jean Dijon 03 80 30 12 12
17 et 18 février TJP de Strasbourg 03 88 35 70 10
Du 30 mars au 9 avril 2011 Théâtre Berthelot de Montreuil 01 41 72 10 35
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