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AU MOINS, J’AURAI LAISSÉ UN BEAU CADAVRE de Vincent Macaigne, Cloître des Carmes, Festival d’Avignon 12 juillet juillet 26 2011

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“J’aime être libre et penser que, lorsque je commence à travailler sur un texte, je peux tout me permettre (…) Lorsque j’écris, je ne me considère pas comme un auteur, mais plutôt comme quelqu’un qui doit extraire, tirer quelque chose de lui (…) J’ai donc lu Shakespeare, mais aussi Nietzsche sans savoir ce qu’il adviendrait réellement de cette lecture (…) Mon intention était d’écrire sur la violence entre père et fils, ou entre frères (…) jusqu’au jour ou j’ai découvert le vrai Hamlet, celui de Shakespeare et de Saxo Grammaticus dont il semble s’être inspiré” déclare Vincent Macaigne !
Succès incontesté du Festival d’Avignon, ce spectacle n’entretient qu’un rapport lointain avec le texte dont on n’entend que des bribes entrecoupées d’injures lancées par l’équipe technique et certains acteurs épuisés par les nuits de veille pour accoucher de ce spectacle monstrueux dans sa démesure et ses provocations. En pénétrant dans la salle, les spectateurs sont invités à venir se déhancher en groupe sur le plateau sous la conduite d’un GO chevelu qui braille dans un micro, ils sont près d’une soixantaine à jouer ce jeu. On offre aux deux premiers rangs une bâche plastique pour se protéger des projections liquides qui vont jaillir. Sur le plateau une immense pelouse, avec une mare glauque dans laquelle les acteurs vont se vautrer courageusement, le plateau est surmonté d’une grande façade vitrée, lieu d’observation et de déclamation , surplombé d’un grande pancarte, “Il n’y aura pas de miracle ici !”.
Vincent Macaigne n’a conservé que les personnages, Claudius le frère meurtrier d’Hamlet est pour lui un justicier, pas un frère incestueux, Hamlet et Ophélie se retrouvent enfants entre deux bains de boue, Gertrude et Claudius passent de très longs moments dans une nudité éprouvante, tout le spectacle se déroule dans une débauche de rage, de piétinements absurdes, de projections de fumée, de boues, d’objets et se termine dans un aquarium après l’apothéose de l’immense château gonflable qui finit par se dégonfler, aux rythmes des hurlements dans un micro saturé en permanence.
Le miracle c’est celui de la témérité des huit bons acteurs et des techniciens qui ont surmonté courageusement ces dix représentations, on n’ose imaginer le coût de la remise en état quotidienne du plateau, (celle d’Idiot coûtait plus de 1000 €). Les amateurs de théâtre gore pourront aller se régaler à l’automne au Théâtre de Chaillot.



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