JAN KARSKI(MON NOM EST UNE FICTION) (155) Centre dramatique d’Orléans, 5 octobre octobre 7 2011
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D’après Yannick Haenel, mise en scène Arthur Nauzyciel, avec Alexandra Gilbert, Arthur Nauzyciel, Laurent Poitrenaux.
Un homme seul sur un immense plateau, il incarne Jan Karski, messager de la résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres en 1942. Il a traversé clandestinement le ghetto de Varsovie avant son écrasement total, parcouru un camp d’extermination sous les vêtements d’un garde complice, assisté à l’horrible boucherie perpétrée par les nazis, on lui demande de témoigner de ce qu’il a vu de ses yeux, d’alerter les forces alliées à Londres et à New-York pour mettre un terme à l’extermination totale des juifs déclenchée par Hitler. Il s’y donne de toutes ses forces, c’est peine perdue, on ne le croit pas, on ne veut pas le croire, Roosevelt lui-même reste indifférent, la victoire militaire seule préoccupe les alliés. Ce spectacle en trois parties se joue dans un dépouillement total, après le premier monologue interprété par Arthur Nauzyciel d’après une rencontre avec Claude Lanzmann sur son film Shoah, une deuxième partie filmée nous fait parcourir le plan du ghetto de Varsovie avec la description par une voix off des horreurs qui s’y déroulent, la vision des cadavres nus qui s’amoncellent car on demande aux survivants mourant de faim de payer d’impossibles funérailles, les jeunes nazis s’amusant à tirer sur les mourants, les enfants agonisants se vautrent sur les cadavres de leur mères…On est saisis d’horreur, on retient sa respiration. La troisième partie interprétée avec une subtilité dépourvue de pathos dans un espace bourgeois, un immense hall anonyme international par Laurent Poitrenaux, acteur magnifique et simple achève de nous bouleverser en rétablissant une vérité oubliée, celle de la responsabilité internationale, de l’ignorance délibérée du massacre du peuple juif que les alliés auraient pu, auraient dû arrêter. Mais seule la victoire militaire comptait et six millions de personnes ont été assassinées. Ian Karski en a perdu définitivement le sommeil, son seul réconfort, il le trouve dans les cours qu’il donne à ses étudiants aux États Unis où il s’est installé. La dernière séquence, une danse silencieuse apporte la purgation des passions. La grande salle pleine du Centre dramatique retient son souffle. Le texte de Yannick Haenel publié par Gallimard, dont la lecture cet été fut saisissante a obtenu le prix Interallié et le prix du roman FNAC en 2009.
Jusqu’au 7 octobre, salle Jean-Louis Barrault, Centre dramatique d’Orléans
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