LES SOUFFRANCES DE JOB (14) de Hanokh Levin, Odéon Berthier, 28 janvier janvier 31 2012
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Mise en scène Laurent Brethome, prix du public du festival Impatience, traduction de Laurence Sendrowicz
“M’imposer l’inconfort d’une pièce qui me semble être un défi à tout principe de réalité et ne pas m’embourgeoiser dans la commodité de ce que je peux savoir faire !” Laurent Brethome avait découvert Hanokh Levin en assistant François Rancillac pour la mise en scène de Kroum l’ectoplasme. Il avait monté plusieurs de ses comédies Popper, une comédie satirique-Reine de la salle de bains et un cabaret musical Dieu dit que la lumière soit…et tout resta noir ! Après avoir exploré toute les pièces traduites de Levin dans un cycle de lectures, il décide de se plonger dans ce mythe de Job, “affreusement contemporain”.
Job est un magnat financier qui jette ses richesses dans une fête fastueuse, ses invités se déchaînent autour de lui, à leurs pieds des mendiants viennent ramasser les restes, des plus pitoyables, jusqu’au dernier, forme noire masquée qui rampe, il n’a plus de dents et se nourrit du vomi que les repus ont dégorgé ! Mais soudain un bataillon d’huissiers vient lui déclarer : “nous sommes venus saisir tout ce qui vous appartient, hormis votre personne, corps et âme “. Sa mine a fait faillite, son bateau a coulé, il n’a plus rien. On lui enlève ses vêtements, il se retrouve nu comme au jour de sa naissance, mais le pire n’est pas encore advenu : sa fille, puis ses trois autres enfants sont morts, il n’a plus que sa pauvre vie. Il s’asperge de peinture écarlate, bleue, jaune, s’y vautre avec les cadavres de ses enfants, puis un supplice physique celui-là commence. On veut lui faire renier son Dieu, on le menace du supplice du pal, on le hisse en haut d’un grand mat, il gémit, renie puis se rétracte. Les onze acteurs font preuve d’un beau courage physique en se vautrant dans une débauche orgiaque de couleurs. Accepter l’innommable, l’incompréhensible injustice du monde, tel est le message de Job, héros de notre temps qui retrouve le mendiant venu se jeter à ses pieds au terme de sa vie pitoyable…Ce beau jeu de massacre semble avoir perdu un peu de l’humour impitoyable des débuts de Levin. Peut-on encore rire au fond de l’horreur ?
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