SORTIR DU CORPS (16) L’Oiseau-Mouche de Roubaix, Maison des Métallos, 4 février février 6 2012
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De Valère Novarina, mise en scène Cédric Orain
J’avais découvert l’étonnante compagnie de l’Oiseau-Mouche à Roubaix en 1991, en prenant la responsabilité de conseiller théâtre à la DRAC Nord Pas de Calais. C’est Wlasdyslaw Znorko, qui l’un des premiers avait mis en scène cette troupe de comédiens en situation de handicap dont j’avais vu le 13 décembre 1991 Finir Finir encore de Beckett, mis en scène par Stéphane Verrue au Théâtre Massenet de Lille-Fives, que je retrouve dans mon petit journal manuscrit de l’époque : “Vision assez décapante, presque drôle des Dramaticules, excepté, l’un d’entre eux sous éclairé et monocorde ! On ne croirait jamais que les acteurs soient handicapés !”. Et aussi Arbeit macht frei, texte et mise en scène de Gervais Robin, vu le 18 décembre, toujours au Théâtre Massenet : “Une image forte, un adolescent se déshabillant à perte de vue ! Sinon les séquences répétitives d’orchestre dans les camps de la mort et le corps qu’on doit enjamber pour sortir de la salle, s’engluent dans la description d’une réalité sinistre et sombrent dans le pathos”. Je les avais vu dans un Shakespeare, le titre de la pièce ne me revient pas en mémoire et je n’ai pas fini d’éplucher mon cahier, mais je conserve l’étonnement de la maîtrise du texte et du plateau par des acteurs qui ne savaient pas lire !
Pour Valère Novarina, Cédric Orain s’est livré à un travail acharné pendant deux ans avec Florence, Valérie, Clément, François et Lothar. “Alors de quoi parle le spectacle ? De l’acteur, du théâtre, de la parole, du corps (…)Mais alors, est-ce qu’il y a une histoire ? (…)Si on n’entend pas d’histoire, qu’est-ce qu’on entend ? On entend comme entendent les oiseaux, les enfants non parlants, et les animaux endormis…”. Les acteurs dans leurs costumes écarlates font preuve d’une réelle maîtrise du plateau, ils jouent avec le verbe de Novarina en le mâchant parfois de façon incertaine. Mais peu importe, on se laisse glisser dans ce fleuve de mots en se laissant aller parfois au sommeil qui n’a rien d’un sommeil de fuite. Mais après tout, Claude Buchvald et Novarina lui-même, ne nous avaient-ils pas emmenés dans les limbes d’un sommeil poétique avec Vous qui habitez le temps, La chair de l’homme et L’origine rouge ?
Jusqu’au 12 février du mercredi au vendredi à 20 h, samedi 19 h, dimanche 16 h,
tél 01 47 00 25 20
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