PIERRE OU LES AMBIGUÏTÉS (17) d’après Herman Melville, Moudken Théâtre, l’Échangeur de Bagnolet, 6 février février 9 2012
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D’après Pierre ou les ambiguïtés et L’escroc à la confiance de Melville, adaptation Ève Gollac et Olivier Coulon-Jablonka, mise en scène Olivier Coulon-Jablonka
Le Moudken Théâtre créé en 2002 à la sortie de l’ENSAD avait déjà présenté à l’Échangeur Des batailles d’après Pylade de Pasolini, en 2008, dans le cadre d’un compagnonnage avec la DMDTS. On avait pu découvrir une vraie troupe agitant les grandes questions de notre temps. Avec Chez les nôtres, d’après La mère de Gorki au Festival Impatience à l’Odéon Berthier en en 2009 (voir theatre du blog du 28 juin 2010) Olivier Coulon-Jablonka affirmait une démarche pertinente et originale.
Pierre ou les ambiguïtés est un montage singulier de deux heures vingt de deux textes de Melville qui s’entrechoquent, sans jamais faire défaillir l’attention des spectateurs, grâce à un entracte bienvenu, que saluait Bernard Dort. On connaît Moby Dick, mais bien peu d’autres oeuvres de cet auteur passionné mort dans la pauvreté quelques années après avoir écrit ce texte en 1852.
Une jeune femme introduit le spectacle par un discours sur la chronométrie et l’eurologie : “la sagesse terrestre est folie pour Dieu, la sagesse divine est folie pour l’homme (….) Toutes les choses profondes de ce monde sont précédées et escortées par le silence.” On voit Pierre attablé à un petit déjeuner cérémonieux à la campagne, avec une femme, on ne sait s’ils sont frère et soeur ou mère et fils. Pierre est un jeune bourgeois promis à un bel avenir et sa mère, c’est bien elle se réjouit du futur mariage de son fils avec la jeune Lucy qui lui apporte des fleurs. Mais voilà qu’Isabelle arrive, elle se prétend la soeur de Pierre, née d’une aventure de leur père disparu. Pierre troublé par cette jeune fille sans patronyme décide de lui en donner un en rompant avec son passé bourgeois, avec sa Lucy qui l’attend,il se met à nu, déchire ses vêtements et part avec Isabelle à New-York pour l’épouser. La mère le déshérite et on voit Pierre réduit à la pauvreté, tenter vainement d’écrire pour survivre. Lucy, fidèle à son engagement les rejoint pour partager leur misère ! Les différentes séquences sont rythmées par des irruptions comiques de deux acolytes, tirées de L’escroc à la confiance. Pierre dans un accès de folie, finira par les abattre. Isabelle est-elle vraiment la soeur de Pierre ? Il a brisé son avenir sur la seule parole d’une inconnue qui le fascinait ! N’est ce pas la grande question qui agite notre XXIe siècle, dans notre monde dirigé par des robots de la finance ?
L’Échangeur de Bagnolet, jusqu’au 25 février du lundi au samedi à 20 h 30, relâches les mardis 14 et 21 et les mercredis, dimanches à 17 h, Tél 01 43 62 71 20
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